La traduction indirecte, est-ce toujours une traduction faussée ?

2 novembre 2020

Lorsqu’un texte n’est pas accessible dans sa langue source, on recourt à ce que l’on appelle la traduction indirecte, c’est-à-dire la traduction à partir d’une traduction existante, par opposition à la traduction directe. Cette pratique n’est guère nouvelle et remonte jusqu’à l’Antiquité. Originairement rédigée en hébreu et en araméen, la Bible a pourtant été traduite du grec vers les langues modernes. Pour citer un exemple moins ancien, les très célèbres œuvres de Shakespeare sont passées par des langues intermédiaires avant d’être, entre autres, restituées en suédois. Les exemples ne manquent pas, mais qu’en est-il de cette pratique qui a souvent fait l’objet de critiques ?

Aujourd’hui, du fait de la mondialisation, la traduction indirecte se démocratise de plus en plus. Afin de traverser les frontières et rompre les barrières linguistiques, les organismes internationaux comme l’ONU ou l’UE s’appuient sur cette technique. Elle devient également très commode pour les grands groupes dont la langue n’est pas parlée dans les pays où sont installées leurs filiales. Dans certains domaines où la traduction et la localisation sont essentielles tels que l’e-commerce, le marketing ou les réseaux sociaux, un très grand nombre de contenus passent par une seconde langue avant d’être traduits dans la langue finale. Très souvent, le destinataire de la traduction indirecte est loin de se douter qu’elle provient elle-même d’un autre texte traduit.

La traduction indirecte a mauvaise réputation, car perçue comme non authentique, un produit de « seconde main » susceptible de véhiculer un sens, sinon erroné, du moins éloigné du texte source. Si ce reproche que l’on peut faire à la traduction indirecte ne manque pas de fondement, il ne reflète néanmoins pas toute la complexité de ce processus. En traduction littéraire, où ce procédé est largement pratiqué, rester fidèle aux nuances du premier texte peut devenir un enjeu secondaire face à la possibilité de rendre une œuvre accessible au plus grand nombre.

La traduction indirecte est également présente dans les traductions directes ! Elle peut être employée partiellement ou intégralement : un traducteur parlant trois ou quatre langues peut recourir à la traduction indirecte s’il ne comprend pas immédiatement le sens d’un passage dans le texte original. Dans certains domaines techniques, elle représente une stratégie pertinente pour mieux comprendre et traduire un concept. Lorsque l’on traduit des textes médicaux ou scientifiques de l’arabe vers le français ou vice-versa, le passage par l’anglais, plus usité dans le monde arabophone, garantit paradoxalement une plus grande fidélité au texte source.

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