Traduire l’intraduisible

30 octobre 2020

L’interprétariat en milieu social exige des connaissances bien particulières. La maîtrise d’un ensemble de connaissances linguistiques et extralinguistiques peut parfois s’avérer insuffisante pour mener à bien une mission. C’est le cas lorsque l’interprète est appelé à traduire l’intraduisible. Cette difficulté apparaît lorsqu’un terme, ou plus généralement une idée, existe dans une culture et pas dans une autre. Ces termes peuvent être associés à des expériences ou des évènements culturels propres à cette culture. Ainsi, de bonnes connaissances linguistiques et extralinguistiques ne sont pas toujours gage de réussite face à l’intraduisible. Le moyen utilisé alors par les interprètes est celui qui consiste à expliquer, à l’aide de paraphrases, les termes intraduisibles à l’un ou à l’autre interlocuteur. Parfois, les explications d’ordre culturel ne sont pas assez claires et finissent par créer davantage de confusion. De plus, la liberté prise par l’interprète de choisir telle expression ou tel terme pour remplacer un terme intraduisible est toujours remise en cause.

Outre les termes intraduisibles, il existe également des concepts qui sont intraduisibles à cause des liens qu’ils entretiennent avec certaines cultures. Ceci constitue un autre enjeu dans l’interprétariat en milieu social. Au Nigéria, par exemple, la structure familiale élargie est composée de plus de trois générations, où les plus anciens deviennent des « family elders » (les ainées ou les anciens de la famille). Ils sont responsables de la gestion des patrimoines familiaux et prennent des décisions importantes lors des enterrements ou du paiement des dots par les membres de la famille. En réalité il s’agit de grands oncles et de parents éloignés. Cette structure familiale n’est plus présente dans la France d’aujourd’hui. Ainsi, quand un jeune demandeur d’asile nigérian raconte son histoire et fait référence à ce terme, l’interprète traduira simplement par « grands oncles ». La notion ou le degré d’implication de ce « grand-oncle » dans les affaires de la famille risque de disparaitre lors du passage vers le français. Bien que ce terme ne semble pas intraduisible, l’essence du concept peut l’être. Il appartient donc à l’interprète de bien l’expliquer au lieu d’essayer de le traduire. Une explication d’ordre culturel sera toujours plus pertinente.

Dans l’interprétariat en milieu social le but principal recherché est celui de la transmission du message entre administrateur et administré. L’interprète doit tout mettre en œuvre pour y arriver. Il a ainsi deux options ; soit avoir recours à une explication d’ordre culturel, soit traduire en utilisant une expression de remplacement.  Si l’on opte pour la deuxième option le risque est que chaque interprète utilise sa propre traduction d’un terme, ce qui entraînerait ensuite des incohérences dans la préparation de la terminologie de certaines langues. Toutefois, lorsque l’objectif recherché est celui de la communication, cette incohérence devient une question secondaire et sans importance.

Au-delà d’une connaissance culturelle, la capacité à traduire un mot, ou un concept intraduisible, en ayant recours à l’explication demeure la meilleure alternative.

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